ARMENIE

 

L'Assemblée Nationale adopte définitivement la proposition de loi reconnaissant le génocide arménien : 18 janvier 2001

La France reconnaît publiquement le génocide arménien de 1915

Lire l'intervention de Patrick Devedjian

 

Le Sénat reconnaît le génocide arménien : 7 novembre 2000

Le Sénat a adopté en première lecture la proposition de loi (déposée par MM. Jacques Pelletier, Robert Bret, Jean-Claude Gaudin, Bernard Piras, Michel Mercier, Jacques Oudin, le 28 octobre 2000) dont la teneur suit :
Article unique :
 
La France reconnait publiquement le génocide arménien de 1915.
 

Délibéré en séance publique à Paris le 7 novembre 2000.

Reconnaissance du génocide arménien : Adrien Gouteyron propose de reconnaître publiquement le génocide arménien (Communiqué du RPR du 26 octobre 2000)

Reconnaître publiquement le génocide arménien, c'est ce que propose Adrien Gouteyron, Secrétaire Général du RPR et Sénateur de la Haute-Loire dans une proposition de loi qu'il vient de déposer sur le bureau du Sénat et à laquelle il a associé plusieurs de ses collègues RPR.
La proposition ainsi déposée dispose : " La France reconnaît publiquement le génocide dont le peuple arménien a été victime en 1915 ".
Il ne s'agit en aucun cas d'ériger le Parlement en rédacteur des manuels d'histoire mais de définir clairement ces tragiques évènements pour ce qu'ils furent, afin que les victimes ne soient pas rejetées dans l'oubli.
Le devoir de mémoire s'impose à tous.
Cette qualification de " génocide " des tragiques évènements de 1915 a été énoncée dans une résolution de la sous-commission des Droits de l'Homme de l'ONU en août 1985 et dans une résolution du Parlement européen adoptée le 18 juin 1987.
Après qu'une proposition de loi reconnaissant le génocide arménien ait été adoptée le 29 mai 1998 par l'Assemblée nationale, et notamment les parlementaires RPR, et devant les circonvolutions embarrassées du gouvernement, et même son évidente duplicité à l'occasion de ce vote et après. Comme l'espère Adrien GOUTEYRON, le Sénat doit prendre ses responsabilités.

Reconnaissance du génocide arménien : Chirac "comprend" les Arméniens

Le président de la république, Jacques Chirac, après avoir reçu son homologue arménien, Robert Kotcharian, a donné un brual coup d'accélérateur à ce très délicat dossier : "Je connais parfaitement l'importance que les autorités arméniennes et la communauté arménienne attachent, à juste titre, à ce problème. Je n'ai pas besoin de vous dire que je le comprends parfaitement, d'autant que la communauté arménienne en France est composée des descendants directs des victimes." (Propos repris par Le Parisien du samedi 1er juillet 2000).

Patrick Devedjian indigné par le blocage au Sénat (Le Parisien du samedi 1er juillet 2000)

Q. Pourquoi ce blocage au Sénat ?
P. DEVEDJIAN : C'est un problème de pourboire, de business. J'ai fait moi-même l'objet de démarchages de la part de cadres de certaines grosses boîtes pour mettre la pédale douce sur ce sujet. Il y a de gros contrats en jeu. Rendez-vous compte : le type qui a signé le décret d'extermination des Arméniens a un mausolée à Constantinople. C'est comme si l'Allemagne niait l'existence d'Auschwitz...
Q. Qui freine ?
P. DEVEDJIAN : Le gouvernement ! L'ordre du jour du Sénat est d'abord fait par le gouvernement. Hubert Védrine a expliqué clairement que voter la reconnaissance du génocide, ce n'était pas un service à rendre à la France. Un certain nombre de sénateurs ont suivi, mais ils ignorent peut-être que la France a une responsabilité historique dans ce dossier. Sans parler des Arméniens qui se sont battus sous le drapeau tricolore en 14-18...
Q. L'Elysée ne semble pas non plus très enthousiaste...
P. DEVEDJIAN : C'est vrai, mais c'est le gouvernement qui est responsable de l'ordre du jour, avec le Président du Sénat. Or le double langage de Christian Poncelet m'angoisse. Il n'y a que 80 ans qu'on attend... On veut simplement enterrer nos morts, qui ne sont pas décédés dans un accident d'auto. Et dire que l'on n'a même pas obtenu ces fameux contrats avec la Turquie ! Pour paraphraser Churchill, quand on veut l'argent au prix du déshonneur, on obtient le déshonneur et pas l'argent.

 

Le 29 mai 1998, à la suite du rapport déposé par René Rouquet, député du Val-de-Marne, l'Assemblée nationale a adopté à l'unanimité la proposition de loi suivante :

"La France reconnaît publiquement le génocide arménien de 1915."

Le mercredi 21 mars 2000, le Sénat s'est opposé par 171 voix contre 130 et 4 abstentions, à l'inscription de la loi sur la reconnaissance du génocide arménien. Bien que la question de l'inscription à l'ordre du jour du Sénat ait été posée à l'initiative parlementaire des groupes socialiste et communiste du Sénat, le gouvernement de la "gauche plurielle", par la voix de Pierre Moscovici, avait formellement appelé les sénateurs à rejeter l'inscription de la loi.

"Député des Hauts-de-Seine, Patrick Devedjian, dont le discours avait emporté l'unanimité de l'Assemblée nationale le 29 mai 1998 lors du vote du texte, se dit "profondément déçu". Si la majorité des sénateurs qui ont repoussé la discussion sont de droite, "la différence entre la gauche et la droite est que, contrairement à Lionel Jospin, la droite n'a jamais rien promis". "Inutile de faire la danse de Saint-Guy devant M. Haider ! Si celui-ci commande quelques Airbus, on finira sans doute par constater chez lui des progrès des droits de l'homme !" s'exclame M. Devedjian, faisant allusion aux "réformes en cours" en Turquie évoquées au Sénat par M. Moscovici. "Le chemin de la reconnaissance" est long, ajoute-t-il, n'hésitant pas pour sa part, à qualifier de "négationnisme" la réticence d'une partie des responsables politiques français à reconnaître la tragédie arménienne pour ce qu'elle est." (Nicolas Weill, Le Monde, 25 mars 2000)

Le Comité du 24 avril (date de l'arrestation d'un certain nombre de notables arméniens à Constantinople, qui symbolise le début des massacres de 1915) tient depuis le 7 mars un stand face au Sénat rue de Vaugirard, manifestation permanente de sensibilisation du public et des sénateurs, qui recueille des signatures jusqu'au 24 avril, jour de la commémoration traditionnelle du génocide.


Réalisation / Conception : ComQuest